La sondeuse à tarière creuse descend lentement rue de Gouédic, non loin du port du Légué. L’opérateur surveille le couple de rotation : la craie altérée briochine passe vite, mais les limons de couverture exigent un tubage à l’avancement. À Saint-Brieuc, où les pentes dépassent régulièrement 8 % entre la vallée du Gouët et le plateau, l’analyse géotechnique pour tunnels en sols mous commence bien avant le tunnelier. La baie de Saint-Brieuc, avec ses 29 mètres de marnage parmi les plus forts d’Europe, impose une vigilance particulière sur le battement de nappe dans les altérites. Nos campagnes démarrent par un maillage de sondages carottés, complétés par des essais pressiométriques Ménard lorsque le projet traverse les argiles sableuses du Pliocène. La géométrie du tunnel prévue sous la RN12 ou à proximité du viaduc du Gouët nécessite de croiser les données pression-fluage avec les essais CPT réalisés en pied de versant, là où les colluvions masquent parfois le substratum à moins de quatre mètres.
Dans les limons briochins, la pression interstitielle mesurée au piézomètre varie de 1,2 m en morte-eau à 4,7 m en vive-eau : ignorer ce cycle, c'est sous-dimensionner le soutènement.
